Chorus Pro : portail officiel de la facturation électronique pour les entreprises

Depuis près de dix ans, Chorus Pro s’est imposé comme le portail officiel de la facturation électronique entre les entreprises et l’administration publique. À l’origine conçu pour recevoir les factures adressées à l’État et aux collectivités, l’outil devient, avec la réforme 2026, un pivot pour l’ensemble des échanges de factures structurées et des données de ... Lire plus
Emmanuel Rivière
chorus pro est le portail officiel dédié à la facturation électronique pour les entreprises, facilitant la gestion et l'envoi des factures en toute sécurité et conformité.

Depuis près de dix ans, Chorus Pro s’est imposé comme le portail officiel de la facturation électronique entre les entreprises et l’administration publique. À l’origine conçu pour recevoir les factures adressées à l’État et aux collectivités, l’outil devient, avec la réforme 2026, un pivot pour l’ensemble des échanges de factures structurées et des données de transaction. Pour un dirigeant de TPE, une structure de services à la personne ou un organisme de formation, la plateforme n’est plus seulement un passage obligé : c’est un maillon central de la gestion des factures, de la comptabilité et du paiement électronique.

Ce changement se vit très différemment selon que l’on est déjà familier de Chorus Pro ou que l’on y arrive contraint, au gré d’un premier marché public gagné. Certains y voient un levier pour sécuriser les délais de paiement, suivre plus finement leurs encours, mieux dialoguer avec la personne publique. D’autres ont l’impression d’entrer dans un labyrinthe technique fait d’identifiants, de formats Factur-X, d’UBL, de circuits de validation obscurs. L’écart ne tient pas à la taille de la structure, mais au niveau de préparation et d’accompagnement. Une TPE qui a été guidée dès son premier dossier peut être plus à l’aise qu’un groupe qui a sous-estimé l’impact organisationnel de la dématérialisation.

Pour comprendre ce qui se joue derrière cette plateforme, il faut l’aborder comme un système à la fois juridique, technique et humain. Juridique, parce que l’usage de Chorus Pro est une obligation pour les fournisseurs de la sphère publique et pour les administrations elles-mêmes. Technique, car la réforme générale de la facturation électronique transforme la façon dont les données de facturation circulent, se contrôlent et s’archivent. Humain, enfin, parce qu’au bout de chaque facture il y a un dirigeant qui attend son règlement, un comptable qui surveille sa trésorerie, un agent public qui doit engager puis mandater la dépense. C’est à ce croisement que Chorus Pro prend tout son sens.

En bref

  • Chorus Pro est le portail officiel imposé pour l’envoi des factures électroniques aux entités publiques, gratuit pour les entreprises.
  • Depuis 2017, toutes les administrations reçoivent leurs factures via cette plateforme, ce qui a accéléré la dématérialisation et réduit certains délais de paiement.
  • La réforme de la facturation électronique à partir de 2026 renforce son rôle : Chorus Pro restera la plateforme de référence pour le secteur public et étendra l’émission de factures vers les entreprises assujetties à la TVA.
  • Les entreprises fournisseurs de la sphère publique pourront choisir entre une plateforme agréée privée ou l’utilisation directe de Chorus Pro (saisie, dépôt, EDI, API).
  • Les collectivités et établissements publics doivent vérifier dès maintenant que leurs logiciels financiers et comptables sont raccordés et prêts, sous peine de sanctions.

Chorus Pro, portail officiel de la facturation électronique entre entreprises et secteur public

Pour un prestataire qui travaille avec une mairie, un hôpital ou un ministère, Chorus Pro n’est pas une option. C’est par ce portail officiel que transitent les factures, leurs pièces jointes, les messages de rejet, les demandes de compléments, les statuts de validation et, au final, les informations de paiement électronique. Depuis le 1er janvier 2017, toutes les administrations sont tenues de recevoir et traiter les factures via cette interface, ce qui a progressivement mis fin aux flux papier disparates et aux envois par courriel non tracés.

Concrètement, Chorus Pro joue deux rôles. D’abord, une fonction de « boîte aux lettres sécurisée » pour la transmission des factures aux services publics : l’entreprise dépose sa facture, la plateforme la route vers le bon service ordonnateur, enregistre chaque étape, et permet de suivre l’avancement. Ensuite, une fonction de hub pour les données de facturation structurées : au-delà du PDF, la facture est portée dans un format exploitable par les systèmes d’administration publique et de comptabilité, ce qui change profondément les pratiques de back-office.

Un exemple très fréquent dans les services à la personne illustre ce double rôle. Une petite structure d’aide à domicile qui intervient auprès d’un centre communal d’action sociale doit envoyer chaque mois une facture détaillée. Avant Chorus Pro, le document partait par courrier ou courriel, puis se perdait parfois entre le service social et la comptabilité. Aujourd’hui, la même structure saisit ou dépose sa facture sur Chorus Pro, choisit la bonne entité publique, et voit apparaître des statuts : « déposée », « en cours de traitement », « mise en paiement ». Elle dispose ainsi d’un historique opposable qui lui permet, en cas de litige sur les délais, de prouver la date de dépôt et l’absence de rejet.

La montée en puissance de la dématérialisation a aussi un effet sur la qualité juridique des factures. Les champs obligatoires sont contrôlés, certains blocages sont détectés en amont (numéro de bon de commande manquant, SIRET erroné, montant incohérent). Cela limite les erreurs qui, dans un circuit papier, auraient pu rester invisibles plusieurs semaines. Pour la structure qui cherche à sécuriser sa trésorerie, ce n’est pas anecdotique.

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Il serait cependant naïf de présenter Chorus Pro comme un outil magique. Son ergonomie n’a rien d’un réseau social, et la courbe d’apprentissage reste réelle, surtout pour des dirigeants peu familiers des portails administratifs. C’est précisément pour cette raison que des acteurs comme Nova Pro se sont positionnés pour traduire ces exigences en parcours concrets. Les retours d’expérience de clients accompagnés, visibles par exemple dans des pages d’avis spécialisés comme celles dédiées aux retours sur les services administratifs externalisés, montrent qu’un guidage dès la création du compte et les premiers dépôts fait gagner des mois.

Pour un responsable de structure, la clé est de considérer Chorus Pro comme un allié de la relation contractuelle avec le secteur public, et non comme un simple outil subi. C’est en intégrant cette plateforme dans son organisation quotidienne, plutôt qu’en la traitant comme une formalité ponctuelle, que l’on en tire réellement un bénéfice.

chorus pro est le portail officiel dédié à la facturation électronique pour les entreprises, facilitant la gestion, l'envoi et la réception des factures en toute conformité.

Facturation électronique et formats structurés : ce que change la réforme

La réforme nationale de la facturation électronique entre entreprises, qui entre en vigueur à partir de septembre 2026, ne part pas de zéro. Pour le secteur public, une grande partie du chemin a déjà été parcourue grâce à Chorus Pro. Les administrations reçoivent depuis plusieurs années des factures structurées dans des formats proches de ceux qui deviennent la norme : Factur-X, UBL, CII. L’outil a servi de laboratoire grandeur nature pour tester la circulation de données standardisées et leur intégration dans divers systèmes comptables.

Ce qui change avec la nouvelle étape, c’est l’extension du rôle de Chorus Pro. La plateforme ne se limite plus à la réception pour le compte de l’État, des collectivités et des établissements publics. Elle devient également une brique d’émission de factures électroniques vers les entités assujetties à la TVA : entreprises privées ou structures publiques agissant comme clientes. Autrement dit, une collectivité qui facture un service à une entreprise pourra, elle aussi, s’appuyer sur Chorus Pro pour envoyer des factures au bon format et transmettre les données d’e-reporting attendues par l’administration fiscale.

Pour les professionnels habitués aux marchés publics, cette évolution présente un avantage clair : ils capitalisent sur des réflexes déjà acquis. La logique de dépôt, de suivi des statuts, de gestion des comptes multi-structures ne changera pas profondément. En revanche, les directions financières des personnes publiques devront s’assurer que leurs outils internes savent dialoguer correctement avec Chorus Pro dans ce nouveau contexte, ce qui suppose un travail coordonné avec leurs éditeurs de logiciels.

Sur le terrain, cette bascule vers le tout électronique vient parfois percuter les habitudes. Dans un organisme de formation, par exemple, une équipe administrative gérait depuis des années ses factures dans un tableur avant impression ou envoi PDF. Avec Chorus Pro, puis la réforme, cette pratique ne tient plus. Il faut basculer sur un outil de facturation ou un ERP capable de produire des factures structurées, de les envoyer soit via une plateforme agréée, soit directement par API vers le portail officiel. Ce n’est pas qu’un changement d’interface, c’est un changement de méthode de travail et de responsabilités.

Dernier point trop souvent négligé : la qualité des données de base. Chorus Pro et les formats Factur-X ou UBL n’aiment ni les approximations, ni les codes clients bricolés. Pour que la transmission des factures se passe bien, il faut des référentiels à jour : SIRET, adresses de facturation électronique, numéros d’engagements, etc. Les entreprises qui anticipent ce chantier en amont de la réforme se donnent une marge de sécurité appréciable, là où celles qui attendent la dernière minute subiront des blocages en chaîne.

Comment les entreprises utilisent concrètement Chorus Pro pour la gestion des factures

Sur le papier, tout semble linéaire. Une entreprise crée son compte, dépose une facture, suit le statut, reçoit son paiement. Sur le terrain, le quotidien est plus nuancé. Il existe plusieurs modes d’utilisation de Chorus Pro, avec des implications différentes pour l’organisation interne, la charge de travail et le niveau de maîtrise nécessaire.

La TPE de services à la personne qui gagne son premier marché avec un département illustre bien la situation. Sans service comptable dédié, souvent avec un dirigeant qui gère lui-même les démarches, le choix se pose entre la saisie manuelle sur le portail, le dépôt de fichiers générés par un logiciel de facturation ou le raccordement technique (EDI, API) via une plateforme partenaire. Chaque option a ses atouts, mais aussi ses pièges.

Pour clarifier ces choix, le tableau suivant récapitule les scénarios les plus fréquents.

Mode d’utilisation de Chorus Pro Profil d’entreprise adapté Avantages principaux Points de vigilance
Saisie manuelle sur le portail officiel TPE avec peu de factures vers le secteur public Gratuit, prise en main rapide, aucun prérequis technique Temps de saisie, risque d’erreur humaine, peu adapté au volume
Dépôt de fichiers générés par un logiciel de facturation PME avec volumes réguliers mais limités Réduction des ressaisies, cohérence avec la comptabilité interne Nécessité de paramétrer correctement le logiciel et les formats
Connexion EDI ou API via une plateforme de dématérialisation Structures avec volumes importants ou multi-sites Automatisation poussée, intégration forte à la gestion des factures Coût de mise en place, besoin de coordination avec l’éditeur ou l’intégrateur

Pour une structure de formation ou de santé, la tentation est parfois de foncer vers l’option la plus technique, en espérant gagner du temps. Mauvais réflexe si la gouvernance n’est pas claire. Sans processus précis de validation et de contrôle des données, l’automatisation ne fait qu’accélérer… la propagation des erreurs. Une meilleure stratégie consiste souvent à démarrer par un mode semi-manuel, en documentant les bonnes pratiques, puis à monter en puissance quand l’équipe est à l’aise.

Un dirigeant qui pilote à la fois les marchés publics et l’activité B2C doit aussi veiller à l’articulation entre Chorus Pro et ses autres outils. Les informations de facturation stockées pour l’administration publique (numéros de contrats, références d’engagement, codes services) ne recoupent pas toujours les catégories utilisées pour la gestion quotidienne de la clientèle privée. Si ces deux mondes sont mélangés sans réflexion, la comptabilité se retrouve avec des écritures difficiles à rapprocher et des analyses financières faussées.

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Pour certains métiers, la relation avec d’autres portails institutionnels accentue encore la complexité. Un professionnel de santé qui utilise déjà un espace dédié, comme décrit sur des ressources du type portail santé pour les professionnels, peut légitimement se demander comment articuler ce compte avec Chorus Pro lorsqu’il travaille avec un établissement public. Ces environnements ne se substituent pas les uns aux autres. Ils répondent à des logiques différentes et demandent chacun une appropriation spécifique. Le bon réflexe consiste à cartographier tous les portails utiles (santé, formation, services à la personne, marchés publics) et à identifier, pour chaque équipe, qui fait quoi et sur quel outil.

Au fond, ce n’est pas tant la technologie qui pose problème aux entreprises que le manque de vision d’ensemble. Les structures qui s’en sortent le mieux sont celles qui acceptent d’investir quelques jours au départ pour formaliser un mode opératoire clair, former les personnes concernées et documenter les cas particuliers : avoir un guide maison vaut mieux que de dépendre uniquement des mémoires individuelles.

Impact de Chorus Pro sur la comptabilité, le paiement électronique et la relation avec l’administration publique

La plupart des dirigeants découvrent Chorus Pro par l’angle réglementaire : « il faut s’y inscrire pour être payé ». Après quelques mois d’usage, beaucoup réalisent que l’impact dépasse largement cette obligation. L’outil agit comme un révélateur des forces et faiblesses de la gestion des factures et de la comptabilité de la structure, en particulier sur trois axes : la traçabilité, la gestion des délais de paiement et le dialogue avec l’administration publique.

Sur la traçabilité, le saut qualitatif est net. Chaque facture possède un identifiant, un fil d’événements, des statuts datés. Cela permet de répondre précisément à des questions qui, auparavant, restaient floues : « cette facture a-t-elle bien été reçue ? », « a-t-elle été rejetée, et pourquoi ? », « à quelle date a-t-elle été mise en paiement ? ». Pour les TPE et PME souvent fragiles en trésorerie, cette visibilité change tout. Il ne s’agit plus d’attendre passivement un virement, mais de suivre un parcours précis, presque comme on suit un colis en livraison.

Côté paiement électronique, Chorus Pro ne déclenche pas le virement lui-même, mais il s’insère au cœur de la chaîne ordonnateur-comptable. Quand la facture passe en statut « mise en paiement », l’entreprise sait que la décision de payer est actée et que la suite dépend du calendrier du comptable public. La plateforme devient un indicateur avancé, utile pour piloter les prévisions de trésorerie et négocier, si besoin, avec les banques ou partenaires.

Le troisième effet, plus discret mais déterminant, concerne le dialogue avec la personne publique. Les échanges sont mieux structurés, car adossés à un historique. Lorsqu’une collectivité conteste tout ou partie d’une facture, la discussion ne se fait plus sur la base de mails dispersés, mais à partir d’un dossier unique. Cela limite les malentendus et responsabilise, des deux côtés, les acteurs impliqués. Il arrive même que des structures privées découvrent, grâce à Chorus Pro, qu’un problème récurrent vient moins de la lenteur administrative que de leurs propres erreurs réitérées sur les références de commande ou le périmètre des prestations facturées.

Pour tirer parti de ces atouts, encore faut-il accepter une forme de discipline. Une entreprise qui dépose ses factures en vrac, sans respecter les libellés attendus, sans vérifier la cohérence des données, se prive de la fiabilité que pourrait lui apporter la plateforme. Le pari gagnant consiste à considérer chaque dépôt comme un acte contractuel, et non comme un simple transfert de fichier. Dans bien des cas, cela passe par une collaboration plus étroite entre le dirigeant, la personne en charge de l’administratif et, quand il existe, le cabinet comptable qui suit l’entreprise.

Les structures qui vendent des prestations financées en partie par des fonds publics (crèches, formations, accompagnement social, etc.) ont un intérêt particulier à soigner cette articulation. Les financements croisés, les contrôles a posteriori, les audits de conformité demandent des justificatifs rigoureux. Disposer d’un historique sécurisé sur le portail officiel fait gagner un temps précieux lors de ces contrôles et réduit le risque de remises en cause financières.

Continuité, simplification et rôle des acteurs publics (AIFE, DGFiP, Hélios, ASAP)

Du côté des administrations, la généralisation de Chorus Pro n’a rien d’un gadget. Elle a servi de socle à une refonte de la chaîne ordonnateur-comptable, portée notamment par l’AIFE pour le pilotage de la plateforme et la DGFiP pour la partie comptable et fiscale. Cette organisation se poursuit avec la réforme de la facturation électronique, avec un double objectif : assurer la continuité du service et simplifier la vie des fournisseurs comme celle des services publics.

Pour le secteur public local, plusieurs briques techniques méritent d’être nommées car elles structurent les pratiques. L’offre de service « ASAP DGFiP XML » permet à des collectivités et établissements publics de santé de transmettre leurs factures au format XML, géré ensuite dans l’application comptable Hélios. Avec la réforme, le schéma XML évolue pour intégrer les exigences du format Factur-X, mais la conversion est prise en charge par Hélios. Autrement dit, la complexité technique est absorbée par le système d’information du comptable public, pas par la mairie ou l’hôpital.

Une fois ces factures mises au nouveau format, la DGFiP assure leur envoi vers Chorus Pro et l’exploitation des données pour l’e-reporting fiscal. Pour les entreprises qui se situent de l’autre côté de la relation, ce maillage invisible entre AIFE, DGFiP, Hélios et Chorus Pro a une conséquence très concrète : la personne publique avec laquelle elles travaillent est censée être en mesure de recevoir des factures structurées, de les traiter et de respecter le calendrier de la réforme. Si ce n’est pas le cas, ce n’est plus un problème du fournisseur, mais de conformité interne à l’administration.

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Reste que tout le monde n’est pas encore au même niveau de préparation. Certaines collectivités n’utilisent pas encore Chorus Pro pour émettre des factures vers d’autres administrations, alors qu’elles y sont tenues. D’autres disposent d’un logiciel financier peu ou mal raccordé à la plateforme. Dans ces cas, les recommandations officielles sont claires : vérifier rapidement, avec l’éditeur, que l’outil évoluera à temps, ou envisager un changement de solution d’ici la fin de l’année 2025. Les structures qui ignorent ce sujet risquent de se retrouver en difficulté à partir de 2026, y compris vis-à-vis de leurs propres fournisseurs.

Pour les directions générales des collectivités ou établissements, ce chantier informatique ne devrait pas être laissé aux seules équipes techniques. La facturation électronique et l’usage de Chorus Pro ont des impacts budgétaires, organisationnels et RH. Les décisions sur l’outil, le calendrier de déploiement, la formation des agents ou la gestion des exceptions doivent être arbitrées en tenant compte de la réalité du terrain, pas seulement de l’architecture SI idéale.

Se préparer à septembre 2026 : obligations, options et bonnes pratiques autour de Chorus Pro

L’échéance de septembre 2026 marque l’entrée synchronisée du secteur public dans la réforme générale de la facturation électronique. Pour les administrations comme pour les entreprises, Chorus Pro reste la pierre angulaire des échanges avec la sphère publique. La différence, c’est que chacun devra désormais composer avec un écosystème plus large, où interviennent aussi des plateformes privées agréées et de nouveaux formats d’échanges.

Côté fournisseurs de la sphère publique, la règle devient plus souple sur la forme, mais pas sur le fond. Une entreprise pourra transmettre ses factures soit via une plateforme agréée, soit en continuant à utiliser Chorus Pro dans ses différents modes d’envoi (saisie, dépôt, EDI, API). Certaines catégories restent néanmoins attachées strictement au portail officiel, comme les factures de marchés de travaux, les mémoires de frais de justice ou certains remboursements spécifiques. Autrement dit, même en s’appuyant sur une solution privée, il est difficile de faire l’impasse totale sur Chorus Pro.

Pour ne pas subir cette transition, un minimum de préparation est nécessaire. Une approche pragmatique consiste à se poser quelques questions simples :

  • Quels clients publics génèrent aujourd’hui le plus de volume de factures pour ma structure ?
  • Quel mode d’utilisation de Chorus Pro est déjà en place et quels irritants sont remontés par les équipes ?
  • Mon logiciel de facturation ou mon ERP est-il prêt pour les formats structurés et le dialogue avec les plateformes ?
  • Qui, en interne, pilote le sujet et centralise les échanges avec l’expert-comptable et les éditeurs ?

Ces questions, posées noir sur blanc, évitent bien des improvisations au dernier moment. Elles aident aussi à arbitrer entre internalisation et externalisation de certaines tâches administratives. De plus en plus de structures choisissent d’être accompagnées sur la configuration initiale, la rédaction de procédures internes ou la réalisation de tests de bout en bout, puis reprennent la main au quotidien une fois le cadre stabilisé.

Du côté des administrations, l’enjeu n’est pas très différent, même si le contexte est public. Il s’agit de sécuriser la conformité avec l’obligation d’usage de Chorus Pro, de s’assurer que les logiciels financiers sont compatibles avec les nouvelles exigences, et de ne pas sous-estimer la phase de formation des agents. Les conseils des représentants de la DGFiP locaux (conseillers aux décideurs, comptables publics) deviennent précieux pour ajuster les choix d’outils et le calendrier.

Un point mérite une mention explicite : l’exposition aux sanctions. À partir de 2026, une administration qui continuerait à ignorer l’obligation de recourir à Chorus Pro pour ses factures s’expose aux mêmes régimes de pénalités que les entreprises qui n’appliqueraient pas la réforme. Pour les dirigeants publics, ce n’est plus un sujet purement technique, mais un risque juridique et financier à intégrer à la gestion de la structure.

Ceux qui ont déjà vécu la bascule vers d’autres portails officiels, que ce soit pour la DSN en paie ou pour la télédéclaration fiscale, le savent : l’anticipation fait la différence entre une transition maîtrisée et une succession de crises. Chorus Pro n’échappe pas à cette règle. Plus tôt la structure aura clarifié ses choix (plateforme unique ou mixte, intégration forte ou usage manuel, accompagnement externe ou non), plus elle sera sereine au moment où la réforme deviendra effective.

Chorus Pro est-il obligatoire pour toutes les entreprises qui facturent le secteur public ?

Oui. Toute entreprise qui adresse des factures à l’État, aux collectivités locales, aux établissements publics ou à certains organismes assimilés doit les transmettre via Chorus Pro, directement ou au travers d’une plateforme raccordée. Depuis 2020, cette obligation couvre l’ensemble des tailles d’entreprises, de l’autoentrepreneur au grand groupe.

Quelle différence entre une facture déposée en PDF et une facture électronique structurée sur Chorus Pro ?

Le dépôt d’un simple PDF reproduit une logique proche du papier : l’image de la facture est transmise, mais son contenu n’est pas exploitable automatiquement. La facture électronique structurée, elle, reprend les mêmes informations sous forme de données normalisées (Factur-X, UBL, CII). Les systèmes publics peuvent alors contrôler, rapprocher et intégrer ces données en comptabilité sans ressaisie, ce qui sécurise et accélère le traitement.

Une petite structure peut-elle se contenter de la saisie manuelle sur Chorus Pro ?

Oui, si le volume de factures vers le secteur public reste faible. La saisie directe sur le portail officiel convient à une structure qui envoie quelques factures par mois. Au-delà, la charge de travail et le risque d’erreurs augmentent. Dans ce cas, il devient pertinent de passer par un logiciel de facturation compatible ou par une plateforme de dématérialisation raccordée à Chorus Pro.

Que se passe-t-il si une administration ne respecte pas l’obligation d’utiliser Chorus Pro ?

Une administration qui refuse ou néglige l’usage de Chorus Pro ne se met pas seulement en difficulté interne. À partir de la mise en œuvre de la réforme de la facturation électronique, elle s’expose à des sanctions similaires à celles prévues pour les entreprises qui n’appliquent pas les nouvelles règles. Les services doivent donc vérifier dès maintenant leur raccordement et engager les travaux nécessaires avec leurs éditeurs.

Comment savoir si mon logiciel de facturation est compatible avec Chorus Pro et la réforme 2026 ?

La première étape consiste à interroger directement l’éditeur sur la prise en charge des formats Factur-X, UBL ou CII et sur la capacité de l’outil à dialoguer avec Chorus Pro ou une plateforme agréée. Beaucoup d’éditeurs publient une feuille de route ou des notices spécifiques. En cas de doute, il vaut mieux organiser un test concret de bout en bout, depuis la création de la facture jusqu’à sa réception sur Chorus Pro, avant d’engager définitivement sa stratégie.

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