Les retraités du privé suivent de près la revalorisation Agirc-Arrco de novembre 2025, car elle conditionne une partie concrète de leur pension mensuelle et de leur pouvoir d’achat au quotidien. Après plusieurs années marquées par de fortes hausses, la mécanique change : entre projections de hausse de 0,8 à 1,2 %, accord interprofessionnel qui impose un abattement de 0,4 point et décision finale de gel, le calendrier 2025 a pris des allures de montagnes russes.
La retraite complémentaire Agirc-Arrco reste pourtant le deuxième pilier des revenus pour plus de 14 millions de retraités du secteur privé, souvent devant l’épargne personnelle. Comprendre ce qui se passe au 1er novembre 2025, c’est donc anticiper ses fins de mois, ses projets, voire ses arbitrages fiscaux.
Un débat plus discret sur l’équilibre du régime se joue également derrière la question de la revalorisation. Les partenaires sociaux ont adopté en 2023 une règle d’indexation stricte : inflation hors tabac moins 0,4 point, avec la possibilité de faire un geste supplémentaire si la situation financière le permet. En 2024, cela avait conduit à une hausse de 1,6 %, après un bond de 4,9 % en 2023.
En 2025, les prévisions d’augmentation tournaient autour de 0,8 à 1,2 %, avant qu’un compromis ne conduise finalement à l’absence d’augmentation du point au 1er novembre. Les retraités se retrouvent avec une base revalorisée en janvier, mais une complémentaire figée, ce qui oblige à regarder l’ensemble des dispositifs (ASPA, minima sociaux, fiscalité) pour mesurer l’impact sur le budget annuel.
- Revalorisation Agirc-Arrco novembre 2025 : une hausse annoncée entre 0,8 et 1,2 % qui se termine par un gel du point.
- Retraite complémentaire concernée : tous les anciens salariés du privé affiliés à l’Agirc-Arrco, y compris les pensions de réversion.
- Calendrier 2025 : +2,2 % sur les retraites de base au 1er janvier, +1,7 % sur plusieurs minima sociaux au 1er avril, puis blocage de la complémentaire en novembre.
- Mécanisme de calcul : indexation sur l’inflation hors tabac, diminuée de 0,4 point de « facteur de soutenabilité ».
- Effets concrets : gain modéré ou nul sur la pension Agirc-Arrco, mais protection partielle du pouvoir d’achat via les autres revalorisations.
Revalorisation Agirc-Arrco novembre 2025 : entre hausse espérée et gel confirmé
Tout au long de l’année 2025, les informations sur la revalorisation Agirc-Arrco de novembre ont évolué, ce qui a entretenu un certain flou chez les retraités. Au départ, les partenaires sociaux laissaient entendre une augmentation de la valeur du point comprise entre 0,8 et 1,2 %, en se basant sur les projections d’inflation de l’INSEE autour de 1,2 %.

La règle prévue par l’accord d’octobre 2023 était simple sur le papier : on prend l’inflation hors tabac, on retire 0,4 point, et on obtient le taux minimal de revalorisation. Avec 1,2 %, on arrivait à 0,8 %, éventuellement relevé jusqu’à 1,2 % selon l’arbitrage final.
Les retraités ont donc fait leurs calculs. Avec une hausse de 0,8 %, il espérait environ 8,80 € bruts de plus par mois ; avec 1,2 %, l’augmentation aurait atteint 13,20 €. Sur une année pleine, cela représente respectivement un peu plus de 100 € ou près de 160 €. Pour un budget serré, ces montants ne transforment pas tout, mais permettent de compenser une partie de l’augmentation de l’énergie, de l’alimentation ou de la mutuelle.
La valeur du point Agirc-Arrco, fixée à 1,4386 € depuis novembre 2024, devait ainsi passer dans une fourchette estimée entre 1,4473 € et 1,4530 €. La mécanique est connue : on multiplie ses points déjà acquis par la nouvelle valeur, et la différence avec l’ancien calcul donne le gain mensuel brut. Les tableaux de simulation diffusés début 2025 donnaient une idée claire de l’enjeu pour différents niveaux de pension, ce qui aide souvent les conseillers retraite à expliquer la revalorisation aux assurés.
Mais l’automne 2025 a changé le scénario. Face à un contexte économique plus incertain et à la volonté de préserver les réserves du régime, le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco a finalement acté un gel de la valeur du point pour le 1er novembre 2025. Autrement dit, la revalorisation attendue n’a pas eu lieu. Pour Marc, comme pour des millions d’autres, les simulations ont donc été balayées, la pension complémentaire restant calculée sur la base de 1,4386 € par point jusqu’à nouvel ordre.
Cette absence de hausse a été vécue comme un signal paradoxal par une partie des retraités. D’un côté, l’inflation officielle reste modérée par rapport à 2022 ou 2023. De l’autre, le ressenti à la caisse du supermarché ou sur les factures d’énergie donne l’impression inverse. Le message envoyé est clair : l’Agirc-Arrco ne peut pas suivre systématiquement le coût de la vie, même avec une inflation revenue à un niveau plus calme. Ce décalage entre statistique et vécu nourrit une forme de défiance, que les caisses complémentaires devront gérer dans les échanges avec les assurés.
D’ailleurs, ce gel rappelle que la retraite n’est pas un système figé. Les règles d’indexation peuvent être renégociées, les accords interprofessionnels révisés, et les choix faits en 2025 pèseront sur les débats à venir. La prochaine négociation prévue à l’automne 2026 portera nécessairement sur ce fameux abattement de 0,4 point, qui pèse sur le pouvoir d’achat des retraités mais protège l’équilibre financier du régime. Cet équilibre entre solvabilité et niveau de vie constitue la ligne de tension permanente de l’Agirc-Arrco.
En résumé, la revalorisation Agirc-Arrco de novembre 2025 reste un tournant : non pas par la taille de la hausse, mais par son absence, qui force chacun à regarder l’ensemble du système et pas seulement la complémentaire du privé.
Qui sont les retraités vraiment concernés par la retraite complémentaire Agirc-Arrco en 2025 ?
La question revient souvent : qui profite, ou dans le cas présent, qui subit le gel de la revalorisation Agirc-Arrco de novembre 2025 ? En pratique, tous les anciens salariés du privé affiliés à ce régime au 31 octobre 2025 sont concernés, qu’ils soient ouvriers, employés, agents de maîtrise ou cadres. Dès qu’une carrière a généré des cotisations Agirc-Arrco, même partielles, la pension de retraite complémentaire calculée sur ces droits est potentiellement impactée par toute évolution de la valeur du point.
Pour y voir plus clair, on peut distinguer plusieurs profils. Il y a d’abord les retraités « classiques » comme Marc, qui touchent une retraite de base de la Sécurité sociale et une complémentaire Agirc-Arrco versée chaque mois. Viennent ensuite les conjoints survivants qui perçoivent une pension de réversion Agirc-Arrco, calculée sur les droits du défunt. Enfin, on trouve des retraités avec des pensions complémentaires très modestes, issus de carrières hachées, de temps partiels ou de périodes longues dans d’autres régimes.
Le tableau ci-dessous résume les principales situations et l’impact du gel de novembre 2025 :
| Profil | Éligible à la revalorisation de novembre 2025 | Impact concret |
|---|---|---|
| Retraités du privé avec pension Agirc-Arrco | Oui | La pension reste au niveau de 2024, aucune augmentation liée à novembre 2025. |
| Bénéficiaires de pension de réversion Agirc-Arrco | Oui | La réversion n’est pas revalorisée en novembre 2025, malgré les hausses antérieures. |
| Fonctionnaires (Rafp, régimes spéciaux) | Non | Soumis au calendrier et aux règles de la retraite de base et de leurs régimes particuliers. |
| Indépendants (SSI, Cipav) | Non | Impactés par les revalorisations de base de janvier, pas par l’Agirc-Arrco de novembre. |
| Nouveaux retraités après le 1er novembre 2025 | Oui, mais sans hausse | Pension calculée sur une valeur de point identique à celle de novembre 2024. |
Pour Jeanne, veuve depuis 2019 et bénéficiaire d’une réversion Agirc-Arrco de 520 € bruts, l’enjeu de la revalorisation de novembre reste central. Un taux de 1 % aurait représenté environ 5,20 € mensuels, soit plus de 60 € sur un an. La décision de gel annule cette petite marge, alors même qu’elle doit jongler entre sa pension de réversion, son allocation logement et quelques économies pour faire face aux dépenses de santé. Son cas illustre bien que même de faibles montants pèsent sur des budgets très serrés.
À l’autre extrémité, certains anciens cadres disposent de pensions complémentaires supérieures à 1 800 € par mois. Pour eux, une hausse de 1 % aurait signifié environ 18 € bruts supplémentaires, somme non négligeable mais plus absorbable que pour les plus modestes. La décision de geler la revalorisation les prive aussi de ce gain, mais leur marge de manœuvre budgétaire reste généralement plus confortable. C’est d’ailleurs l’une des critiques récurrentes du système : la règle d’indexation s’applique de la même façon à tous, alors que l’impact sur le quotidien est beaucoup plus fort pour les petites pensions.
À noter un point souvent mal compris : même les retraites complémentaires très faibles, parfois inférieures à 100 € par an, entrent dans le champ de la revalorisation Agirc-Arrco. Simplement, ces montants peuvent être versés sous forme de capital unique plutôt qu’en mensualités. En 2025, le gel de novembre ne change donc rien pour ces petits droits, déjà versés en une fois. Pour ceux qui souhaitent vérifier leur situation, l’espace personnel Agirc-Arrco et le portail Info Retraite restent les bons réflexes, complétés au besoin par un appel à un conseiller.
Au-delà des profils individuels, le gel rappelle que le régime cible une population bien précise : les anciens salariés du privé. Les fonctionnaires, agents hospitaliers ou territoriaux relèvent d’autres dispositifs, avec d’autres logiques de revalorisation. Les écarts de traitement entre secteurs nourrissent souvent des comparaisons hasardeuses. Un détour par les grilles de rémunération et les pensions de la fonction publique, accessibles par exemple via des ressources comme les grilles indiciaires des fonctionnaires, permet de prendre un peu de recul.
Finalement, la bonne question n’est pas seulement « qui est concerné par la revalorisation Agirc-Arrco de novembre 2025 ? », mais « comment articuler cette décision avec l’ensemble des revenus de retraite, des aides et des charges fixes ». C’est ce regard global qui manque souvent dans les débats publics, alors qu’il est indispensable pour piloter sa fin de carrière.
Comment se calcule (ou se serait calculée) l’augmentation de la pension Agirc-Arrco en 2025
Pour comprendre ce qui change en novembre 2025, il faut ouvrir la boîte noire du calcul de la revalorisation de la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Le principe est censé être transparent, même s’il reste technique. Chaque année, à l’automne, le conseil d’administration du régime examine l’inflation constatée et prévisionnelle, la situation financière du fonds et la fameuse règle d’indexation inflation hors tabac moins 0,4 point. Ce dernier paramètre, baptisé « facteur de soutenabilité », vise à laisser une marge au régime pour absorber les chocs et éviter des déficits récurrents.
Concrètement, si l’inflation hors tabac est estimée à 1,2 % pour 2025, le taux théorique de revalorisation Agirc-Arrco tombe à 0,8 %. En pratique, les partenaires sociaux discutent ensuite d’un éventuel ajustement à la hausse, jusqu’à un maximum compatible avec l’équilibre du régime. C’est ce qui avait permis de dépasser le strict résultat de la formule lors de certaines années précédentes, en accordant une hausse un peu plus généreuse. En 2025, le scénario initial évoquait une fourchette de 0,8 à 1,2 % pour la valeur du point.
Ce mécanisme repose sur la multiplication de deux données simples : le nombre de points détenus par le retraité et la valeur unitaire du point. Prenons un exemple concret. Sophie dispose de 18 000 points Agirc-Arrco. Avec une valeur de point à 1,4386 €, sa pension complémentaire brute s’élève à 25 894,80 € par an, soit environ 2 157,90 € par mois avant prélèvements. En cas de hausse de 1 %, le point serait passé à 1,4530 € ; sa pension annuelle aurait alors atteint 26 154 €, soit une différence d’environ 259 € sur douze mois, un peu plus de 21 € par mois.
Les simulations publiées au printemps 2025 proposaient des montants types pour aider chacun à se situer :
- Pension complémentaire de 500 € : gain estimé entre 4 et 6 € bruts par mois pour une hausse de 0,8 à 1,2 %.
- Pension de 1 000 € : augmentation de 8 à 12 € bruts mensuels selon le taux retenu.
- Pension de 1 500 € : hausse potentielle de 12 à 18 € bruts par mois.
Ces chiffres peuvent paraître modestes, et c’est d’ailleurs un des reproches régulièrement adressés à la mécanique de revalorisation. Pourtant, si l’on cumule ces petites hausses année après année, l’écart devient significatif. En gelant la valeur du point au 1er novembre 2025, le régime Agirc-Arrco interrompt justement cette progression cumulative, ce qui pèse davantage sur les retraités dont la retraite complémentaire représente une part importante du revenu.
D’un point de vue budgétaire, ce gel s’explique par un autre chiffre qu’on oublie souvent : le montant total des pensions versées. En 2024, l’Agirc-Arrco a distribué environ 92,4 milliards d’euros à près de 14 millions de bénéficiaires, après une revalorisation exceptionnelle de 4,9 % un an plus tôt. Chaque dixième de point d’augmentation coûte donc très cher au régime. Les partenaires sociaux ont clairement fait le choix de la prudence pour 2025, quitte à entamer un peu plus le pouvoir d’achat des retraités.
Pour autant, les retraités ne sont pas totalement démunis face à ces règles. Ils peuvent, par exemple, anticiper leurs revenus globaux en utilisant des outils comme un convertisseur brut/net pour estimer l’impact des prélèvements sociaux sur leur pension, ou simuler l’effet d’un report de départ en retraite sur le nombre de points acquis. Certains envisagent aussi un cumul emploi-retraite partiel, notamment dans les services à la personne, pour compenser une revalorisation jugée insuffisante.
En filigrane, ce calcul de la revalorisation pose une question de fond : jusqu’où un régime complémentaire peut-il suivre l’inflation sans mettre en danger ses propres comptes ? Les marges de manœuvre existent, mais elles sont contraintes. Les négociations prévues à partir de 2026 autour du facteur de –0,4 point seront un moment clé pour redéfinir ce compromis entre stabilité financière et maintien du niveau de vie des retraités.
Au final, même si la formule d’indexation peut sembler technique, elle se traduit par quelque chose de très concret : quelques euros en plus ou en moins chaque mois, qui font parfois la différence entre un budget sous tension et une situation un peu plus respirable.
Calendrier 2025 des revalorisations retraite : base, complémentaire et aides pour le pouvoir d’achat
Limiter la réflexion à la seule revalorisation Agirc-Arrco de novembre 2025 donnerait une vision tronquée de l’année. Pour mesurer l’impact réel sur le pouvoir d’achat des retraités, il faut replacer ce non-événement dans le calendrier complet des revalorisations 2025. Sur douze mois, plusieurs hausses se succèdent, certaines concernant la retraite de base, d’autres les minima sociaux ou l’allocation de solidarité pour les personnes âgées.
Première étape : le 1er janvier 2025. À cette date, les retraites de base (régime général, MSA, fonction publique) ont été revalorisées de 2,2 %. Un retraité touchant 900 € de base a ainsi vu sa pension augmenter d’un peu moins de 20 € bruts mensuels. Dans le même temps, le minimum contributif a été ajusté, et l’ASPA (ex-minimum vieillesse) portée à 1 034,28 € pour une personne seule et 1 605,73 € pour un couple. Pour les plus modestes, cette hausse de janvier a représenté le vrai bol d’air de l’année.
Deuxième étape : le 1er avril 2025. Plusieurs minima sociaux, comme le RSA, l’AAH ou la prime d’activité, ont été revalorisés de 1,7 %. Pour les seniors handicapés de plus de 60 ans bénéficiant de l’AAH, le montant maximal a été ajusté autour de 1 033,32 €. Là encore, l’impact concerne surtout les ménages les plus fragiles, qui cumulent pension de retraite, minima sociaux et éventuelles aides locales. Cette mosaïque de dispositifs complique souvent la lisibilité globale des revenus, mais elle amortit une partie des chocs.
Troisième étape prévue : le 1er novembre 2025, avec la revalorisation Agirc-Arrco. C’est précisément cette marche qui manque à l’appel. Les retraités ont bien bénéficié des hausses de janvier et, pour certains, d’avril, mais la complémentaire du privé est restée figée. Pour un couple où chacun perçoit une retraite de base et une complémentaire significative, la situation devient contrastée : la moitié du revenu a progressé en début d’année, l’autre non.
On peut illustrer ce calendrier par le cas d’Yvonne, ancienne aide-soignante à domicile. Elle perçoit 820 € de retraite de base, 260 € de complémentaire Agirc-Arrco et un complément ASPA pour atteindre 1 034,28 € par mois. En janvier, sa base a grimpé d’environ 18 € et l’ASPA a été ajustée pour maintenir le niveau global. En novembre, la stagnation de la complémentaire ne modifie pas son total, puisque l’ASPA joue déjà le rôle de filet de sécurité. Pour elle, la frustration est moindre que pour un retraité non éligible à l’ASPA, mais le sentiment de stagnation reste bien présent.
Ce calendrier doit aussi être mis en regard des autres revenus possibles. Certains retraités continuent à travailler quelques heures par semaine, notamment via des dispositifs comme le chèque emploi service. L’article dédié au chèque emploi service montre bien comment ce type d’activité peut compléter une pension tout en restant maîtrisé sur le plan administratif. Dans ce cas, une absence de revalorisation Agirc-Arrco peut être partiellement compensée par quelques heures supplémentaires dans l’année.
Il ne faut pas oublier non plus la dimension fiscale. La loi de finances 2025 a relevé de 1,8 % les tranches du barème de l’impôt sur le revenu. Concrètement, certains retraités voient leur impôt se stabiliser, voire baisser légèrement, malgré la hausse de leurs revenus de base. De plus, les seuils d’assujettissement à la CSG et aux autres prélèvements sociaux sur les pensions ont été relevés d’environ 4,8 %. Des foyers modestes sortent ainsi de la CSG ou passent d’un taux plein à un taux réduit. Cette mécanique atténue, en partie, l’effet du gel de la complémentaire.
Pour 2026, les regards se tournent déjà vers le prochain tour de table entre partenaires sociaux. Les discussions devraient aborder le maintien ou non du facteur de –0,4 point, la possibilité d’une revalorisation plus « souple » en cas d’inflation stable, ainsi que l’articulation avec la réforme des retraites entrée en vigueur en 2023. Le calendrier des paiements 2026, qu’il s’agisse de l’Agirc-Arrco ou du régime de base, constituera le décor de ces négociations. Il n’est pas anodin quand on sait que de nombreux retraités calquent leurs prélèvements automatiques sur les dates de virement de leurs pensions.
En pratique, suivre ce calendrier de revalorisation, plutôt que de se focaliser sur un seul rendez-vous, permet d’éviter une vision trop pessimiste. Oui, la complémentaire est gelée en novembre 2025, mais la base et les aides ont progressé plus tôt dans l’année. Pour certains profils, le bilan reste légèrement positif. Pour d’autres, notamment ceux qui vivent quasi exclusivement de l’Agirc-Arrco, le compte n’y est pas, ce qui explique une partie du malaise actuel autour du sujet des retraites.
Pouvoir d’achat des retraités : comment s’adapter à une revalorisation Agirc-Arrco limitée ou gelée ?
Une fois qu’on a compris que la revalorisation Agirc-Arrco de novembre 2025 ne viendra pas soutenir la pension complémentaire, une autre question se pose : comment s’ajuster concrètement, surtout quand le budget est déjà serré ? La réponse ne se trouve ni dans une recette miracle ni dans un discours fataliste, mais dans une série de petits leviers que beaucoup de retraités sous-estiment.
Premier levier : faire le point précisément sur ses ressources et ses charges. Cela paraît trivial, mais bon nombre de retraités ignorent encore le détail de leurs prélèvements sociaux sur pension, ou l’évolution de leur imposition suite aux revalorisations de janvier. Reprendre ses relevés, utiliser un outil de conversion brut/net pour la retraite, et comparer son revenu disponible sur douze mois reste une étape indispensable. Des simulateurs, comme ceux proposés pour le calcul net/brut du Smic, donnent une bonne méthode pour raisonner en termes de revenu réellement encaissé, et non seulement de montant « sur le papier ».
Deuxième levier : vérifier systématiquement l’éligibilité aux aides. L’ASPA a vu ses plafonds de ressources relevés de 4,8 % en 2025, ce qui ouvre l’accès à des personnes qui n’y avaient pas droit auparavant. De même, des aides comme l’APA, certaines exonérations de taxe foncière ou de redevance télé, ou encore des aides locales gérées par les centres communaux d’action sociale, peuvent faire la différence à l’échelle de l’année. Trop de retraités renoncent à les demander par crainte de « déranger » ou de se confronter à la paperasse, alors que quelques justificatifs bien préparés suffisent souvent.
Troisième levier : envisager un cumul emploi-retraite ciblé, surtout pour ceux qui ont encore de l’énergie et un savoir-faire recherché. Beaucoup de secteurs, à commencer par les services d’aide à la personne, peinent à recruter. Des missions ponctuelles, quelques heures par semaine, permettent de compenser l’absence d’augmentation Agirc-Arrco sans remettre en cause le statut de retraité. L’essentiel consiste à bien calibrer le temps de travail et à s’assurer que les revenus supplémentaires ne déclenchent pas de mauvaises surprises fiscales ou sociales.
Quatrième levier : revoir certains postes de dépenses trop rigides. La hausse de l’énergie, des assurances ou des abonnements pèse souvent davantage que l’alimentation. Renégocier un contrat de téléphone, faire jouer la concurrence sur l’assurance habitation ou sur la complémentaire santé peut dégager plusieurs dizaines d’euros par mois. Dans ce contexte, le gel de la revalorisation Agirc-Arrco de novembre 2025 pousse à une approche plus active de son budget, ce qui n’était pas forcément nécessaire lorsque les hausses de pension suivaient mieux l’inflation.
Enfin, un dernier levier tient à la planification. Certains retraités approchant l’âge légal peuvent décaler légèrement leur départ pour engranger des points supplémentaires ou éviter une minoration temporaire. D’autres peuvent racheter quelques trimestres pour améliorer leur retraite de base, ce qui, combiné à une complémentaire stable, donne un équilibre raisonnable. Là encore, l’arbitrage demande une vision précise de sa situation et, souvent, un accompagnement personnalisé.
Un point mérite d’être souligné : ces ajustements ne signifient pas que la responsabilité doit reposer uniquement sur les retraités. Le gel de la revalorisation Agirc-Arrco de novembre 2025 reste un choix collectif, porté par les partenaires sociaux, au nom de la pérennité du régime. Mais tant que ce choix n’est pas remis en question, chacun doit composer avec cette réalité. Dans ce cadre, mieux vaut connaître tous les leviers à sa disposition plutôt que de subir passivement la stagnation de sa pension.
En filigrane, le débat sur le pouvoir d’achat des retraités rejoint celui sur les salaires. Les évolutions du Smic, suivies année après année, montrent comment les revenus d’activité réagissent, parfois plus vite que les pensions, aux variations de l’inflation. Ceux qui veulent approfondir cette dimension peuvent regarder, par exemple, l’évolution du Smic horaire en 2026, pour mieux comparer la dynamique des revenus du travail et des retraites sur la même période.
En somme, le gel de novembre 2025 ne condamne pas automatiquement le pouvoir d’achat des retraités, mais les oblige à naviguer plus finement dans un environnement fait de petites hausses, d’aides conditionnelles et de marges de négociation souvent sous-utilisées.
Pourquoi n’y a-t-il pas d’augmentation du point Agirc-Arrco au 1er novembre 2025 ?
Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco a décidé de geler la valeur du point pour 2025, malgré une inflation modérée. Officiellement, l’objectif est de préserver l’équilibre financier du régime, après plusieurs années de fortes hausses (jusqu’à +4,9 % en 2023). La règle d’indexation inflation hors tabac moins 0,4 point servait de base à une revalorisation, mais l’accord entre partenaires sociaux a finalement conduit à maintenir le point à 1,4386 € au 1er novembre 2025.
Quels retraités voient leur pension impactée par le gel de novembre 2025 ?
Tous les anciens salariés du privé affiliés à l’Agirc-Arrco, y compris les bénéficiaires de pensions de réversion, sont concernés. Leur retraite complémentaire ne bénéficie d’aucune hausse au 1er novembre 2025. En revanche, les retraites de base (régime général, MSA, fonction publique) ont bien été revalorisées de 2,2 % au 1er janvier 2025, et certains minima sociaux ont augmenté au 1er avril.
La revalorisation Agirc-Arrco de novembre 2025 aurait-elle été imposable ?
Oui. Comme les autres années, toute hausse de la pension Agirc-Arrco aurait été soumise à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA) selon la situation du foyer. Même en l’absence de revalorisation en novembre 2025, il reste utile de vérifier sa tranche d’imposition et son taux de CSG, car les seuils ont été relevés et peuvent modifier légèrement le montant prélevé sur la pension.
Comment vérifier le montant actualisé de sa retraite Agirc-Arrco en 2025 ?
Le plus simple consiste à consulter son espace personnel sur le site agirc-arrco.fr ou via le portail info-retraite.fr. Les montants sont mis à jour automatiquement après chaque revalorisation. Pour 2025, les hausses de janvier apparaissent sur le relevé de base, tandis que la partie complémentaire reste inchangée au 1er novembre en raison du gel de la valeur du point.
Que peut-on attendre des prochaines réformes Agirc-Arrco après 2025 ?
Les partenaires sociaux doivent se retrouver à l’automne 2026 pour renégocier l’accord interprofessionnel. Plusieurs sujets seront sur la table : le maintien ou non du facteur de –0,4 point qui limite la revalorisation, l’adaptation des règles en cas de stabilisation durable de l’inflation, et la coordination avec les conséquences de la réforme des retraites de 2023. Aucune hausse automatique n’est garantie, mais la question du pouvoir d’achat des retraités sera forcément au cœur des discussions.



