Né en 1964 : à quel âge pouvez-vous partir à la retraite ?

Né en 1964 et perdu entre réforme des retraites, suspension partielle et nouvelles règles de carrière longue ? Depuis l’annonce gouvernementale du 12 novembre 2025, la donne a changé pour ta génération. L’âge de la retraite ne se limite plus au simple chiffre affiché dans les médias : 62 ans et 9 mois, 63 ans, ... Lire plus
Emmanuel Rivière
Né en 1964 à quel — documents de planification de retraite

Né en 1964 et perdu entre réforme des retraites, suspension partielle et nouvelles règles de carrière longue ? Depuis l’annonce gouvernementale du 12 novembre 2025, la donne a changé pour ta génération. L’âge de la retraite ne se limite plus au simple chiffre affiché dans les médias : 62 ans et 9 mois, 63 ans, 64 ans… Derrière ces âges, il y a une mécanique de trimestres, de décote, de surcote et de dispositifs dérogatoires qui peuvent avancer ton départ à la retraite de plusieurs années ou, au contraire, amputer ta pension de retraite à vie.

L’objectif ici est simple : traduire tout ce maquis réglementaire en scénarios concrets, lisibles et exploitables, que tu sois salarié, indépendant ou passé par plusieurs statuts au fil de tes années de travail.

La génération née en 1964 se trouve dans une position très particulière : elle a été la première visée par la montée de l’âge de la retraite légale prévue par la loi de 2023, puis la première à bénéficier de la suspension partielle décidée fin 2025. Résultat, beaucoup de personnes ont construit leur calendrier de départ sur de mauvaises hypothèses. Certaines pensaient devoir attendre 63 ans, d’autres ont parié sur 64 ans par prudence, alors que le nouveau cadre permet un départ à 62 ans et 9 mois, voire plus tôt avec la carrière longue.

Dans cet article, chaque règle sera reliée à des exemples concrets, avec un fil rouge : t’aider à décider si tu dois partir dès que ton droit à la retraite s’ouvre, patienter quelques trimestres pour sécuriser le taux plein, ou utiliser la surcote comme levier pour améliorer ton niveau de vie futur.

  • Âge légal pour les personnes nées en 1964 ramené à 62 ans et 9 mois après la suspension de la réforme des retraites.
  • Durée de cotisation requise pour le taux plein fixée à 170 trimestres à partir du 1er septembre 2026.
  • Carrière longue possible dès 60 ans et 6 mois si les conditions de début d’activité et de trimestres cotisés sont remplies.
  • Avant le 1er septembre 2026, les départs anticipés restent soumis à un seuil de 171 trimestres pour carrière longue.
  • Décote, taux plein, surcote : des choix qui peuvent faire varier ta pension de retraite de plusieurs centaines d’euros par mois.

Né en 1964 : nouvel âge de la retraite légale et calendrier réel de départ

Pour quelqu’un né en 1964, la première question reste souvent la plus simple en apparence : « à quel âge ai-je le droit de partir ? ». La réforme des retraites de 2023 avait fixé pour ta génération un âge de retraite légale à 63 ans, dans la montée progressive vers les 64 ans. Tout le monde s’était habitué à cette référence.

Né en 1964 : nouvel âge de la retraite légale et calendrier réel de départ — documents de planification de retraite

Sauf qu’en novembre 2025, le gouvernement a décidé de suspendre ce relèvement, au moins jusqu’en 2028. Pour toi, cela veut dire une chose très concrète : l’âge légal retombe à 62 ans et 9 mois, soit trois mois de moins que prévu initialement.

Ce recul de trois mois ne se résume pas à un détail technique. Pour un salarié du privé rémunéré 2 000 ou 3 000 euros nets, trois mois de travail en plus, c’est entre 6 000 et 9 000 euros bruts supplémentaires à produire avant de toucher la moindre pension. Dans certains cas, c’est même trois mois pendant lesquels on continue à cotiser alors que l’on aurait pu percevoir déjà sa pension de retraite. Vu sous cet angle, la suspension de la réforme n’est pas seulement symbolique, elle ajuste ton calendrier de vie professionnelle et personnelle.

L’âge affiché en années n’est pas suffisant. C’est la date exacte qui compte. L’âge légal de 62 ans et 9 mois s’applique sans distinction à toute la génération, mais le mois de naissance détermine ton ouverture de droits. Quelqu’un né en janvier 1964 atteint cet âge en octobre 2026. Une personne née en décembre 1964 n’y arrive qu’en septembre 2027. Sur le papier, les deux ont le même âge légal, mais pas le même horizon calendaire. C’est souvent à ce moment-là que les confusions commencent dans les entreprises, quand certains collègues partent dès l’automne 2026 pendant que d’autres doivent encore patienter plusieurs mois.

Autre point que beaucoup oublient : la suspension de la réforme ne joue pas en arrière. Un assuré né en 1964 qui a liquidé ses droits en octobre 2025 sous le régime de la loi de 2023 reste sur ce cadre-là. Il ne peut pas demander un recalcul en arguant que l’âge légal a été abaissé quelques semaines plus tard. Ce qui est acté est acté. C’est une des raisons pour lesquelles il vaut mieux toujours vérifier la situation réglementaire quelques mois avant son départ, plutôt que de se fier à ce qui a été annoncé deux ans plus tôt.

Pour mieux visualiser l’impact de ce nouvel âge de la retraite, un simple tableau vaut souvent un long discours. Voici quelques repères pour différentes dates de naissance au sein de l’année 1964 :

Mois de naissance en 1964 Âge légal applicable Date indicative d’ouverture des droits
Janvier 62 ans et 9 mois Octobre 2026
Avril 62 ans et 9 mois Janvier 2027
Septembre 62 ans et 9 mois Juin 2027
Décembre 62 ans et 9 mois Septembre 2027

Dans les accompagnements de fin de carrière, ce décalage intra-générationnnel revient souvent. Un salarié né en février 1964 qui s’est imaginé partir en 2027 doit intégrer que son collègue, né en novembre 1963, a déjà quitté l’entreprise depuis plusieurs mois. Pour certains, ce n’est qu’un détail d’organisation. Pour d’autres, cela renforce la lassitude professionnelle. D’où l’intérêt de réfléchir assez tôt à ce que ces derniers mois d’activité doivent t’apporter : revenu supplémentaire, sécurisation de la durée de cotisation, ou simple sas pour préparer ta vie d’après.

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Enfin, garder en tête que l’âge de la retraite légale reste un seuil d’ouverture de droit, pas une obligation de départ. Rien ne t’y force à cet âge, ni ton employeur, ni l’Assurance retraite, ni l’administration. À l’inverse, ton employeur ne peut pas te mettre d’office à la retraite avant 67 ans, sauf si tu l’acceptes. Tu disposes donc d’une vraie marge de manœuvre entre 62 ans et 9 mois et 67 ans pour caler ton projet sur tes priorités de vie.

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Durée de cotisation, trimestres et taux plein : la vraie clé pour un départ né en 1964

Une fois l’âge légal compris, la deuxième brique est décisive : la durée de cotisation. Pour la génération née en 1964, le taux plein est obtenu, à partir du 1er septembre 2026, avec 170 trimestres validés. Avant cette date, le nombre exigé pour un départ anticipé en carrière longue restait de 171 trimestres. Cet écart d’un trimestre peut paraître anodin, mais dans les faits, il décale parfois un départ à la retraite de plusieurs mois, surtout quand la personne est juste sur la ligne.

Un trimestre manquant n’est pas seulement un chiffre sur un relevé. Il correspond à 1,25 % de pénalité sur ta pension de base. Vingt trimestres manquants, c’est 25 % de moins pour toute ta vie de retraité. Sur une pension brute de 1 800 euros, la différence tourne autour de 450 euros chaque mois. Autrement dit, accepter un départ à l’âge légal sans avoir vérifié ton compteur de trimestres, c’est prendre le risque d’une baisse durable de ton niveau de vie, sans possibilité de revenir en arrière une fois la liquidation effectuée.

La première étape concrète consiste donc à télécharger ton relevé de carrière sur le portail officiel. Ce document regroupe toutes tes périodes d’activité : salariat, missions agricoles au régime MSA, indépendance, chômage indemnisé, congés maternité ou paternité, service militaire… Chaque ligne correspond à des droits. Les erreurs restent fréquentes, surtout sur les années 80 et 90, les emplois à temps partiel ou les périodes à l’étranger. Un trimestre oublié dans les années de début de carrière peut te priver de la carrière longue, alors qu’un simple justificatif (bulletin de salaire, attestation d’employeur) suffirait à régulariser la situation.

Les trimestres ne sont pas tous de la même nature. Les trimestres cotisés, c’est-à-dire liés à un salaire ou un revenu sur lequel tu as versé des cotisations vieillesse, sont pris en compte sans limitation pour la plupart des calculs. À côté, on trouve les trimestres « assimilés » ou « gratuits » : chômage indemnisé, maladie longue durée, maternité, invalidité… Ceux-là comptent pour le taux plein à l’âge légal, mais sont plafonnés dans le cadre de la retraite carrière longue. Les règles de 2026 ajoutent une nouveauté intéressante : jusqu’à 2 trimestres de majoration pour enfants peuvent désormais entrer dans le calcul carrière longue. Concrètement, ce sont très souvent des mères qui gagnent ainsi quelques trimestres précieux.

Dans les accompagnements individuels, il n’est pas rare de voir une personne née en 1964 découvrir qu’elle cumule en réalité 6 à 10 trimestres « cachés » : périodes de chômage partiel des années 90, maternités jamais vérifiées, service militaire oublié. Sur le papier, elle pensait devoir travailler jusqu’à 64 ans pour atteindre les 170 trimestres. Une fois les corrections faites, le taux plein est parfois accessible dès 63 ans, voire un peu avant. L’enjeu, ce n’est pas simplement la date, c’est la liberté de choisir entre rester un peu plus pour augmenter sa pension ou partir dès que l’on se sent prêt.

Pour aller plus loin dans cette logique de simulation, certains se penchent aussi sur l’équilibre entre pension publique et épargne privée. Quand le nombre de trimestres est insuffisant, une solution consiste parfois à rester en activité plus longtemps, l’autre à accepter une pension un peu plus basse mais complétée par un patrimoine immobilier ou financier. Les personnes qui visent une retraite supérieure à 3 000 euros gagnent à se pencher sur les stratégies détaillées dans des analyses spécialisées comme celles de la page retraites plus 3000 euros, qui détaillent l’articulation entre régime de base, complémentaire et revenus de patrimoine.

Au final, la question des trimestres impose une conclusion nette : l’âge de la retraite n’est qu’une ouverture, alors que ton compteur de trimestres détermine réellement ton pouvoir d’achat futur. Tant que tu n’as pas cette vision chiffrée, planifier ton départ revient à piloter à vue.

Carrière longue pour les personnes nées en 1964 : départ anticipé dès 60 ans et 6 mois

Pour beaucoup de salariés nés en 1964, la vraie question n’est pas « puis-je partir à 62 ans et 9 mois ? », mais « puis-je arrêter plus tôt en carrière longue ? ». Ce dispositif reste l’un des plus puissants du système, mais aussi l’un des plus techniques. Pour ta génération, l’âge central à retenir est 60 ans et 6 mois. À partir de cet âge, si tu entres dans les bonnes cases, un départ à la retraite anticipé devient possible, tout en préservant le taux plein.

La première condition tourne autour de l’âge de début d’activité. Pour bénéficier de la carrière longue en 1964, il faut avoir validé un certain nombre de trimestres avant 20 ans. Le texte distingue deux cas. Si tu es né entre janvier et septembre 1964, il te faut au moins 5 trimestres validés avant la fin de l’année 1984. Si tu es né entre octobre et décembre 1964, 4 trimestres suffisent, puisque ton année de naissance décale légèrement le calcul. Dans tous les cas, ces informations figurent noir sur blanc dans ton relevé de carrière. Il ne s’agit pas d’une estimation, mais d’un constat administratif.

Ensuite, la durée de cotisation totale demandée en carrière longue rejoint celle du taux plein, avec une particularité de calendrier. Depuis la suspension partielle de la réforme, ton objectif à partir du 1er septembre 2026 est d’atteindre 170 trimestres pour sécuriser un départ en carrière longue. Si tu as rempli toutes les autres conditions et que tu souhaites partir juste avant cette date, le seuil reste fixé à 171 trimestres. La frontière du 1er septembre 2026 devient alors un repère stratégique : manquer un trimestre juste avant peut t’obliger à décaler ton départ de plusieurs mois, le temps de générer le trimestre manquant.

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Un point technique à ne pas sous-estimer : tous les trimestres ne sont pas comptés de la même manière en carrière longue. Les trimestres cotisés, issus de ton travail, sont tous pris en compte. Les trimestres assimilés, eux, sont limités. Tu ne peux pas empiler des années entières de chômage indemnisé et te voir valider une carrière longue simplement sur cette base. En revanche, certains rachats, notamment ceux liés à l’apprentissage sous contrat entre juillet 1972 et fin 2013, peuvent se transformer en trimestres éligibles. Là encore, c’est ton relevé de carrière et les justificatifs disponibles qui trancheront.

Imaginons le cas de Sophie, salariée du secteur de la santé, née en 1964, qui a commencé comme aide-soignante à 18 ans en 1982. Son relevé montre 6 trimestres validés avant 20 ans, dont un trimestre lié à un petit job saisonnier. Elle totalise aujourd’hui 172 trimestres, dont 8 de chômage ensuite à la suite d’une réorganisation. Une fois les règles appliquées, on constate que ses trimestres cotisés suffisent largement à atteindre le quota, même en tenant compte du plafond d’assimilés. Résultat, son départ à la retraite en carrière longue aurait pu intervenir dès ses 60 ans et 6 mois. N’ayant jamais vraiment regardé les détails, elle a continué à travailler jusqu’à 62 ans. Deux ans et demi de travail en plus, par défaut d’information.

La réforme de 2026 apporte aussi une amélioration pour les parents, surtout les mères. À partir de septembre 2026, deux trimestres de majoration pour enfants peuvent être intégrés dans le décompte carrière longue. Pour une femme née en 1964 qui a eu deux enfants, ce petit ajout fait parfois la différence entre un départ possible dès 60 ans et 6 mois ou l’obligation de patienter quelques trimestres supplémentaires. C’est un ajustement discret, mais qui corrige partiellement les inégalités liées aux parcours professionnels interrompus pour raisons familiales.

Face à cette complexité, beaucoup choisissent de se faire accompagner pour décrypter leur situation. Certaines structures proposent par exemple un bilan retraite détaillé, avec différentes hypothèses de fin de carrière. Quand on vise un certain niveau de vie à la retraite, typiquement si l’on cherche à sécuriser une retraite complémentaire au niveau du Smic ou plus, il peut être utile de combiner ces études avec des ressources comme la page retraite complémentaire smic, qui permet de mettre en regard droits théoriques et réalité des pensions.

La conclusion sur ce volet est assez nette : si tu es né en 1964 et que tu as commencé tôt, tu as intérêt à vérifier précisément si la carrière longue ne t’ouvre pas déjà, ou presque, la porte de la retraite. Dans le pire des cas, tu découvriras que ce n’est pas possible. Dans le meilleur, tu gagneras plusieurs années de liberté.

Décote, taux plein, surcote : arbitrer 62 ans, 63 ans ou 64 ans quand on est né en 1964

Une fois l’âge légal et les règles de carrière longue posés, reste le cœur de la décision : à quel moment partir, concrètement, pour ne pas se pénaliser inutilement sur sa pension de retraite ? Pour les personnes nées en 1964, trois repères structurent les discussions : 62 ans et 9 mois, 63 ans environ, puis 64 ans et au-delà. Chacun correspond à un compromis différent entre nombre d’années de travail et niveau de pension.

Partir dès l’âge de la retraite légale, à 62 ans et 9 mois, est possible, même si tu n’as pas tes 170 trimestres. Mais tu subis alors une décote. Celle-ci se calcule en fonction des trimestres manquants et de l’écart qui te sépare de 67 ans. Le taux est de 1,25 % par trimestre, dans la limite de 25 %. Prenons un exemple volontairement concret : une pension de base potentielle de 1 800 euros, avec 20 trimestres manquants. La décote de 25 % fait tomber la pension à 1 350 euros bruts. C’est 450 euros de moins chaque mois, soit plus de 5 000 euros par an. Sur une espérance de vie de 20 ans à la retraite, cela représente un manque à gagner à cinq chiffres.

Beaucoup de profils hésitent donc à partir aussi tôt, sauf lorsqu’un problème de santé, une usure professionnelle marquée ou une envie de reconversion forte viennent bousculer les calculs. Dans certains secteurs très exposés, la perspective de tenir même un an de plus peut être illusoire. À ce moment-là, une décote assumée peut se défendre, mais à condition d’avoir mis en face un vrai plan : éventuel cumul emploi-retraite, réduction du train de vie, vente d’un bien immobilier, etc. Pour d’autres, qui disposent encore d’une bonne marge de manœuvre, patienter jusqu’au taux plein reste souvent plus cohérent.

Autour de 63 ans, les choses se stabilisent. Pour une personne née en 1964 ayant commencé sa carrière à 22 ans, les 170 trimestres sont atteints vers 63 ans et 6 mois. Partir à 63 ans avec, par exemple, 168 trimestres, revient à accepter une petite décote de 2,5 %. Sur une pension de 1 500 euros, cela se traduit par 37,50 euros de moins chaque mois. Dans ce cas, le calcul devient bien plus fin : travailler six mois de plus pour gagner à vie l’équivalent d’un abonnement de transport ou d’une facture d’électricité, certains diront oui, d’autres préféreront profiter plus tôt de leur temps. L’important est de savoir chiffrer l’écart, pas de se décider à l’aveugle.

Au-delà de 64 ans, tu entres sur le terrain de la surcote. Chaque trimestre travaillé après le taux plein ajoute 1,25 % à ta pension de base. Huit trimestres de plus, soit deux ans, représentent donc 10 % de pension supplémentaire. Sur une base de 1 600 euros, tu arrives à 1 760 euros bruts. Pour les profils qui terminent leur vie professionnelle avec des salaires relativement élevés, cette surcote vient parfois compenser des débuts de carrière modestes. Elle se combine avec la dynamique des pensions complémentaires, notamment Agirc-Arrco, qui a connu une revalorisation en 2025 et qui reste au cœur des débats pour les années à venir.

Ce choix de rester ou non après le taux plein ne se joue pas qu’en euros. Beaucoup de personnes nées en 1964 se posent la question de leur rythme de travail lors de ces dernières années. Passer à temps partiel, tester un cumul emploi-retraite, lancer un projet de formation ou de conseil… L’idée de s’épuiser avec des semaines à rallonge, parfois proches des 80 heures de travail hebdomadaire évoquées dans certains milieux, n’a plus vraiment de sens quand on a déjà validé ses droits. La question devient alors : « à quoi me sert vraiment cette année de plus ? ».

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En filigrane, cet arbitrage entre décote, taux plein et surcote renvoie à quelque chose de très simple : combien de temps souhaites-tu encore échanger du temps de vie contre des trimestres supplémentaires ou quelques dizaines d’euros de pension ? Il n’y a pas de réponse universelle, mais il y a un socle commun : connaître les chiffres exacts avant de décider. La pire configuration reste celle où l’on découvre, une fois à la retraite, que quelques mois de plus auraient permis d’éviter une décote lourde.

Stratégies de fin de carrière et vie après 1964 : préparer concrètement son dossier et son projet

Comprendre les règles, c’est une chose. Les transformer en plan d’action, c’en est une autre. Quand on est né en 1964, l’horizon de départ se situe aujourd’hui entre « tout de suite » pour certains et quelques années pour d’autres. La différence se joue désormais sur la qualité de la préparation. La première étape opérationnelle reste la même pour tous : se connecter à son compte retraite, télécharger son relevé, vérifier chaque période. Sans cette base, impossible de raisonner sérieusement sur sa date de départ à la retraite.

Une fois le relevé vérifié, l’outil « Mon âge de départ » proposé par l’Assurance retraite permet d’obtenir en quelques minutes une estimation de l’âge auquel tu atteindras le taux plein, en intégrant les dernières règles issues de la suspension de la réforme des retraites. Cet outil ne remplace pas une étude personnalisée, mais il donne un premier repère. Les spécialistes recommandent de faire cette simulation au moins 18 mois avant la date envisagée, afin d’avoir le temps de corriger une erreur, de racheter quelques trimestres si c’est pertinent, ou d’anticiper un basculement en carrière longue.

Sur le terrain, un autre point revient souvent : le délai de dépôt du dossier. Officiellement, trois mois suffisent. Dans la pratique, surtout pour les carrières longues ou les parcours complexes, viser six mois d’anticipation reste beaucoup plus sécurisant. Un dossier incomplet ou une pièce manquante peuvent retarder la mise en paiement de la pension d’un ou deux mois, voire davantage. Pendant ce temps-là, aucun salaire ne tombe plus, et aucune pension n’arrive encore. Pour éviter ce trou, il vaut mieux caler le dépôt du dossier tôt et suivre son traitement, plutôt que de se réveiller à la dernière minute.

La fin de carrière ne se résume pas au dossier administratif. Beaucoup de personnes nées en 1964 profitent de cette période pour ajuster leur organisation professionnelle : passage à temps partiel, télétravail renforcé, changement de poste… Certains choisissent également de préparer une activité complémentaire post-retraite : micro-entreprise de conseil, encadrement sportif, formation. Pour ceux qui envisagent une nouvelle activité, des ressources comme la page métiers pour une reconversion après 50 ans peuvent donner des pistes concrètes pour rebondir sans repartir de zéro.

Les aspects financiers dépassent aussi la seule pension. Le moment du départ modifie tes revenus et ton taux d’imposition. Ceux qui comptaient sur un salaire confortable pour boucler un projet immobilier doivent parfois ajuster le calendrier. Certains envisagent par exemple d’acheter un bien de l’autre côté de la frontière et se posent la question des revenus futurs, comme le montrent les réflexions autour de l’achat entre Suisse et France. Les décisions de retraite ne se prennent donc jamais isolément : elles s’emboîtent avec des choix fiscaux, patrimoniaux et familiaux.

Enfin, il reste un point qui dépasse les chiffres : comment veux-tu vivre les 10, 15 ou 20 années qui suivent ton départ à la retraite ? Certains veulent couper net, d’autres préfèrent une transition douce avec du cumul emploi-retraite, d’autres encore rêvent de projets associatifs, de voyages ou de temps avec leurs petits-enfants. La seule erreur serait de laisser la date de naissance décider à ta place. Tu es né en 1964, la loi te donne des balises, mais le scénario précis reste à écrire. Mieux vaut le faire en ayant compris chaque règle, plutôt que d’apprendre après coup que tu aurais pu faire autrement.

Né en 1964, quel est exactement mon âge légal de départ à la retraite ?

Pour la génération née en 1964, l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 62 ans et 9 mois depuis la suspension partielle de la réforme annoncée le 12 novembre 2025. Cet âge est identique pour toute l’année 1964, quel que soit le mois de naissance. En revanche, la date calendaire d’ouverture des droits varie : quelqu’un né en janvier 1964 atteint 62 ans et 9 mois en octobre 2026, alors qu’une personne née en décembre 1964 n’y parvient qu’en septembre 2027.

Combien de trimestres dois-je valider si je suis né en 1964 pour avoir le taux plein ?

La génération 1964 doit valider 170 trimestres pour obtenir une pension de base au taux plein à partir du 1er septembre 2026. Avant cette date, un départ anticipé en carrière longue reste soumis à un seuil de 171 trimestres. Ces trimestres incluent les périodes cotisées et certaines périodes assimilées (chômage, maladie, maternité, service militaire…), mais les règles de comptabilisation sont plus strictes pour la carrière longue.

Puis-je bénéficier de la retraite carrière longue si je suis né en 1964 ?

Oui, la retraite carrière longue est accessible aux personnes nées en 1964 sous conditions. Il faut d’abord avoir validé 4 ou 5 trimestres avant la fin de l’année de ses 20 ans (5 trimestres si vous êtes né entre janvier et septembre 1964, 4 trimestres si vous êtes né entre octobre et décembre). Il faut ensuite atteindre la durée totale d’assurance exigée, soit 170 trimestres à partir de septembre 2026, avec un nombre suffisant de trimestres réellement cotisés. Si ces conditions sont remplies, un départ anticipé dès 60 ans et 6 mois devient possible.

Que se passe-t-il si je pars à l’âge légal sans avoir tous mes trimestres ?

Si vous êtes né en 1964 et que vous partez à 62 ans et 9 mois sans avoir validé les 170 trimestres requis, votre pension de base subit une décote. Celle-ci est de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 25 %. Par exemple, avec 20 trimestres manquants, votre pension est réduite d’un quart à vie. C’est pourquoi il est recommandé de vérifier précisément votre relevé de carrière avant toute demande de liquidation et de mesurer l’impact financier d’un départ anticipé avec décote.

Mon employeur peut-il m’obliger à partir à la retraite si je suis né en 1964 ?

Non, votre employeur ne peut pas vous mettre d’office à la retraite avant 67 ans sans votre accord, même si vous avez atteint l’âge légal de 62 ans et 9 mois et que vous disposez de tous vos trimestres. Entre l’âge légal et 67 ans, un départ ne peut intervenir qu’à votre initiative. À partir de 67 ans, l’employeur peut engager une procédure de mise à la retraite, dans un cadre strict, avec respect du préavis et versement des indemnités prévues par le Code du travail et, le cas échéant, par votre convention collective.

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