Né en 1963 : à quel âge prendre sa retraite avec la nouvelle réforme ?

Né en 1963 et au milieu de la réforme des retraites, le terrain peut vite ressembler à un parcours du combattant. Entre l’âge légal qui glisse de quelques mois, la durée de cotisation qui grimpe et les dispositifs spécifiques comme la carrière longue ou la retraite progressive, beaucoup ont l’impression que les règles changent plus ... Lire plus
Emmanuel Rivière
Né en 1963 à quel — calendrier de planification de la retraite

Né en 1963 et au milieu de la réforme des retraites, le terrain peut vite ressembler à un parcours du combattant. Entre l’âge légal qui glisse de quelques mois, la durée de cotisation qui grimpe et les dispositifs spécifiques comme la carrière longue ou la retraite progressive, beaucoup ont l’impression que les règles changent plus vite que leurs projets.

En regardant les textes calmement et en les confrontant à un parcours professionnel concret, il est possible de dessiner un scénario de départ clair, que tu aies eu une carrière linéaire ou semée d’interruptions.

Pour la génération née en 1963, la réforme gouvernementale entrée en vigueur à partir de 2023 a marqué un vrai tournant. L’ancienne référence des 62 ans a glissé, la durée de cotisation pour le taux plein s’est allongée, et la période de transition entre 1961 et 1968 crée des paliers d’âge parfois difficiles à suivre. À cela s’ajoutent les questions très terre à terre : que se passe-t-il si tu n’as pas tous tes trimestres, comment est calculée la décote, à quoi ressemble un calcul pension retraite réaliste si tu continues quelques trimestres de plus, et comment articuler tout cela avec la retraite complémentaire ou un éventuel maintien d’activité partiel.

Ce dossier vise à poser les choses à plat, sans jargon inutile, pour que tu puisses décider si tu pars dès l’âge légal, si tu vises le taux plein plus tôt via une carrière longue, ou si tu gagnes à prolonger un peu ton activité.

En bref

  • Âge légal de la retraite pour une naissance 1963 : 62 ans et 9 mois, sous réserve des cas d’invalidité, incapacité ou handicap.
  • Durée de cotisation requise pour une retraite à taux plein après la réforme des retraites : 172 trimestres, soit 43 années validées.
  • Dispositif carrière longue : possibilité de départ anticipé si des trimestres ont été validés tôt, avec des seuils différents selon l’âge de début d’activité.
  • Âge du taux plein automatique inchangé : 67 ans, même en cas de durée de cotisation incomplète.
  • Stratégies possibles : départ à l’âge légal avec ou sans décote, retraite progressive, poursuite d’activité pour surcote, arbitrage entre vie personnelle et niveau de pension.

Âge de la retraite pour une naissance 1963 après la réforme 2024

L’un des points qui déstabilise le plus les personnes nées en 1963 tient à ce changement d’âge légal en pleine période transition. Pendant des années, la référence restait les 62 ans.

Âge de la retraite pour une naissance 1963 après la réforme 2024 — calendrier de planification de la retraite

Avec la réforme des retraites engagée à partir de 2023 et ajustée jusqu’en 2024, un escalier a été posé entre 62 et 64 ans. Chaque génération, de 1961 à 1968, voit son âge de la retraite reculer d’un cran de trois mois. Concrètement, pour une naissance 1963, le seuil se fixe à 62 ans et 9 mois.

Cela veut dire qu’un salarié né en janvier 1963 ne peut pas demander sa retraite de base avant octobre 2025, sauf dispositif dérogatoire. Pour un natif de décembre 1963, la première fenêtre de départ s’ouvre en septembre 2026. Beaucoup avaient calé leurs projets sur un départ à 62 ans tout rond. La réforme gouvernementale a donc ajouté trois trimestres de travail, ce qui n’est pas anodin quand on a déjà 40 ans de carrière derrière soi.

Cette période de transition entre 1961 et 1968 crée une frontière nette entre les assurés. Ceux nés avant septembre 1961 restent sur l’ancien système, ceux nés après sont progressivement rattrapés par le nouvel âge légal. Les personnes nées en 1963 appartiennent à la première génération pour laquelle la combinaison « âge légal relevé + durée de cotisation de 43 ans » devient la norme, même si l’intégralité de ces 43 années s’applique surtout à partir des générations 1965 et 1968 selon les régimes.

Il faut aussi distinguer l’âge légal de départ de l’âge du taux plein. Partir à 62 ans et 9 mois ne garantit pas automatiquement l’absence de décote. Si la durée de cotisation manquante reste importante, le niveau de pension peut être sérieusement affecté. C’est là que le calcul pension retraite prend tout son sens : un départ à la première date possible n’est pas toujours le plus logique financièrement.

Au milieu de ces règles, certains regardent ce qui se passe juste avant ou après leur génération. Par exemple, les natifs de 1964 voient leur repère reculer à 63 ans, ce qui est détaillé dans des analyses spécifiques comme celles sur l’âge de départ pour la génération 1964. Pour 1963, la marche est un peu moins haute, mais elle suffit à décaler des projets d’achat immobilier, de déménagement, ou même de reconversion professionnelle de fin de carrière.

Pour ne pas naviguer à vue, il devient indispensable de vérifier la cohérence entre ton âge, ton nombre de trimestres et les dispositifs auxquels tu peux prétendre. C’est ce lien concret entre calendrier et droits que la suite va détailler.

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Une fois l’âge légal posé, la question suivante arrive vite : comment obtenir le taux plein, avec ou sans départ anticipé.

Conditions de départ à taux plein pour les personnes nées en 1963

Pour la génération 1963, la réforme 2024 consacre une règle simple sur le papier : 172 trimestres exigés pour bénéficier d’une retraite de base à taux plein, sans décote. Ce chiffre correspond à 43 années validées. Il s’applique à la plupart des régimes alignés, que tu sois salarié du privé, artisan, commerçant ou indépendant. Les fonctionnaires n’y échappent pas non plus, même si le mode de calcul de la pension diffère.

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Concrètement, ces 172 trimestres se composent de trimestres cotisés et de trimestres assimilés. Les premiers correspondent aux périodes pendant lesquelles tu as versé des cotisations sur un revenu d’activité. Les seconds couvrent certaines périodes sans travail effectif, comme le chômage indemnisé, les arrêts maladie longs ou les congés maternité. Les règles d’acquisition ne sont pas identiques selon les situations, ce qui explique les écarts fréquents entre ressenti de carrière et relevé officiel.

Une personne qui a commencé à 22 ans dans un CDI à temps plein, sans interruption marquée, atteint en général ces 172 trimestres aux alentours de 65 ans. À l’inverse, quelqu’un qui a démarré à 18 ans, même avec quelques périodes de chômage, peut remplir la durée exigée avant 62 ans et 9 mois. La durée de cotisation devient plus déterminante que l’âge en lui-même, surtout pour ceux qui envisagent un départ anticipé.

Il faut aussi rappeler un repère rassurant : l’âge du taux plein automatique reste fixé à 67 ans. Autrement dit, même si tu n’atteins pas les 172 trimestres, ta pension de base ne subira plus de décote à partir de 67 ans. Ce filet de sécurité n’empêche pas de perdre des droits de retraite complémentaire en cas de carrière courte, mais il évite un rabotage à vie sur la partie de base.

Le point de vigilance, c’est la différence entre trimestres validés et trimestres cotisés. Pour l’accès à certains dispositifs, notamment la carrière longue, on exige un nombre minimal de trimestres effectivement cotisés. Un long passage au chômage en début de carrière, même validé en trimestres assimilés, ne suffit pas toujours. C’est là que beaucoup découvrent la subtilité des règles au moment où ils commencent à simuler leur départ.

Pour gagner en précision, certains choisissent d’anticiper ce travail plusieurs années avant l’âge légal : demande de relevé de carrière, correction des erreurs (activités non reportées, années d’apprentissage oubliées), repérage des trous. Cette démarche fait gagner une visibilité précieuse sur le calcul pension retraite et sur les marges de manœuvre possibles. Elle permet aussi de tester différents scénarios : départ dès 62 ans et 9 mois, départ à 64 ans, ou poursuite jusqu’à 65 ans pour compenser quelques années manquantes.

Quand la question du taux plein est clarifiée, beaucoup se tournent vers un autre levier intéressant pour une naissance 1963 : le dispositif des carrières longues.

Carrière longue, invalidité, retraite progressive : les leviers pour partir avant ou autrement

La réforme des retraites a souvent été présentée comme un simple report de l’âge légal. En pratique, pour les personnes nées en 1963, une bonne partie de la stratégie de départ se joue sur les conditions de départ anticipé et sur les aménagements possibles de fin de carrière. Trois axes méritent d’être regardés avec un peu de méthode : la carrière longue, les dispositifs liés à la santé, et la retraite progressive.

Le dispositif de carrière longue vise ceux qui ont commencé à travailler tôt. Si tu as validé un certain nombre de trimestres avant tes 16, 18, 20 ou 21 ans, des paliers spécifiques s’appliquent. Par exemple, un assuré né en mars 1963 qui a démarré un apprentissage à 16 ans et validé 5 trimestres avant ses 18 ans peut, sous réserve d’atteindre la durée totale exigée, liquider sa retraite dès 60 ans. Ce type de situation n’est pas marginal pour les personnes entrées très jeunes sur le marché du travail, notamment dans l’artisanat ou l’industrie.

Mais il y a un détail souvent mal compris : les textes exigent un certain volume de trimestres cotisés et pas seulement validés. Des années avec de faibles salaires permettent malgré tout d’obtenir 4 trimestres, mais le temps passé au chômage, même indemnisé, est limité dans le calcul pour la carrière longue. Résultat, deux collègues nés la même année et ayant commencé à la même période peuvent se retrouver avec des droits de départ anticipé assez différents.

Autre levier : les départs liés à l’invalidité, à l’incapacité permanente ou au statut de travailleur handicapé. Pour ces profils, l’âge légal peut être abaissé à 62 ans, voire en dessous, selon le taux d’incapacité et la durée pendant laquelle cette situation a été reconnue. Les dossiers sont plus techniques, mais ils peuvent changer radicalement le calendrier de départ pour quelqu’un dont la santé ne permet plus de tenir un poste exigeant.

Entre ces deux extrêmes, la retraite progressive offre un compromis. À partir de deux ans avant l’âge légal, soit autour de 60 ans et 9 mois pour une naissance 1963, il est possible de passer à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension. Cette option intéresse particulièrement ceux qui souhaitent réduire la pression, mais qui ne veulent pas casser totalement le lien avec l’entreprise ou la profession.

Une certaine vigilance s’impose toutefois. Un temps partiel mal calibré peut impacter les droits futurs, surtout si la durée de cotisation n’est pas encore complète. À l’inverse, un maintien d’activité modéré mais suffisamment rémunéré peut continuer à générer des trimestres et améliorer la retraite complémentaire. On touche là au cœur de l’arbitrage entre confort de vie immédiat et niveau de pension définitif.

Certains choisissent aussi de profiter de ces dernières années pour amorcer une reconversion vers un métier moins physique. Les contenus consacrés aux idées de reconversion professionnelle montrent bien que, passé 55 ans, l’objectif n’est plus de rebâtir une carrière longue, mais de tenir correctement jusqu’au départ en s’épargnant les métiers les plus usants.

Une fois l’éventuel levier de départ anticipé évalué, reste à regarder un point souvent sous-estimé : l’impact financier exact du choix de l’âge de départ, y compris au regard du salaire fin de carrière.

Comprendre le calcul de la pension retraite pour sécuriser son niveau de vie

Pour une naissance 1963, fixer l’âge de départ sans comprendre comment fonctionne le calcul pension retraite revient à décider d’un budget sans regarder ses relevés bancaires. La réforme 2024 ne se contente pas de bouger l’âge légal, elle agit aussi indirectement sur les paramètres utilisés pour déterminer le montant de la pension, notamment via la durée de cotisation requise et les règles de décote et de surcote.

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Pour la retraite de base des salariés du privé, la formule repose sur trois briques : le salaire annuel moyen calculé sur les 25 meilleures années, le taux de liquidation et le rapport entre trimestres acquis et trimestres requis. Si les 172 trimestres sont réunis, le taux peut atteindre 50 % de ce salaire annuel moyen. En cas de trimestres manquants, une décote s’applique par trimestre manquant, dans la limite d’un plafond.

Le choix de l’âge de départ a donc un double effet : nombre de trimestres validés et présence ou non de décote. Un départ à 62 ans et 9 mois avec, par exemple, 164 trimestres au lieu de 172 entraîne une réduction significative du montant de base. Inversement, travailler au-delà de la durée exigée génère une surcote, qui améliore mécaniquement la pension. Chaque trimestre supplémentaire au-delà du taux plein augmente le montant du droit acquis.

Sur la partie complémentaire (Agirc-Arrco pour les salariés du privé), la logique diffère, avec un système de points accumulés tout au long de la carrière. Le montant dépend alors du nombre de points multiplié par la valeur du point. Les réformes récentes, comme la revalorisation Agirc-Arrco 2025, ont aussi un effet concret sur les droits des générations proches de la retraite, y compris celles nées en 1963.

Pour se faire une idée réaliste, il est utile de partir de ton niveau de rémunération actuel. La compréhension du lien entre salaire brut et calcul de droits aide à mesurer ce que représente un trimestre de plus ou de moins. Les périodes de temps partiel, les heures supplémentaires, les années de chômage partiel ou non indemnisé affectent différemment la constitution du salaire de référence et des points.

Voici un tableau récapitulatif des grands repères pour une naissance 1963, à titre indicatif :

Élément Règle principale pour un assuré né en 1963
Âge légal de départ 62 ans et 9 mois (hors dispositifs anticipés)
Durée de cotisation pour taux plein 172 trimestres (43 années) après réforme des retraites
Âge du taux plein automatique 67 ans, même sans tous les trimestres
Départ possible en carrière longue Entre 60 et 62 ans selon l’âge de début de carrière et les trimestres cotisés
Ouverture de la retraite progressive À partir de 60 ans et 9 mois (deux ans avant l’âge légal)

La vraie question devient alors très concrète : combien te faut-il chaque mois pour maintenir un niveau de vie confortable, une fois retirées les charges liées au travail (transport, restauration, etc.) mais ajoutées d’autres dépenses éventuelles (santé, loisirs, soutien à des proches). Certains découvrent à ce moment-là que viser un départ exact à l’âge légal les place trop justes, et qu’un différé d’un ou deux ans sécuriserait la situation.

Cette réflexion financière ne peut pas se faire complètement en dehors de la vie réelle. Tu peux par exemple articuler ton départ avec le remboursement final d’un crédit, un projet de vente de résidence secondaire, ou l’arrêt d’aides à des enfants devenus autonomes. De l’autre côté, attendre 67 ans pour le taux plein automatique ne fait pas sens pour tout le monde si l’état de santé ou la pénibilité du métier est déjà très présent.

Le point clé reste donc de transformer des règles assez techniques en décisions pratiques, en gardant en tête l’impact de la durée de cotisation et du moment précis du départ sur ton budget mensuel à long terme.

Se repérer dans la période de transition 1961-1968 et dans la réforme 2024

Les personnes nées en 1963 vivent au cœur de la période transition définie par la réforme gouvernementale. Entre les générations encore totalement rattachées à l’ancien système et celles pour qui l’âge légal sera fixé à 64 ans, la tienne sert un peu de charnière. Cette situation génère parfois un sentiment d’injustice : les règles ont changé alors que la carrière était déjà largement engagée.

En pratique, le législateur a organisé une montée en charge en plusieurs paliers. À partir de septembre 2023, l’âge légal a commencé à reculer, passant à 62 ans et 3 mois, puis augmentant de trois mois par génération pour atteindre 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968. Dans cet escalier, la génération 1963 se voit donc attribuer un âge légal de 62 ans et 9 mois. Les natifs de 1964 montent d’un cran, avec 63 ans, et ainsi de suite.

Cette architecture de la réforme des retraites répond à une logique macroéconomique de financement du système, mais sur le terrain, elle se traduit par des décisions très personnelles. Certains avaient posé une date de départ sur leur calendrier bien avant les annonces ; d’autres comptaient sur une carrière longue sans avoir validé précisément leurs trimestres cotisés. Le ressenti d’« année charnière » est donc fréquent pour les naissances 1963.

Pour ne pas subir cette période de transition, une approche structurée aide à reprendre la main. Tu peux par exemple :

  • Faire un point précis sur ta carrière via ton relevé sur lassuranceretraite.fr et info-retraites.fr.
  • Vérifier l’ensemble des périodes atypiques (travail à l’étranger, intérim, apprentissage, service militaire, congés parentaux) pour éviter des trimestres manquants.
  • Tester plusieurs scénarios de départ, en intégrant les paramètres de la réforme 2024 et l’âge de la retraite propre à ta génération.
  • Réfléchir à une poursuite d’activité aménagée plutôt qu’à un arrêt brutal, notamment via la retraite progressive.

Beaucoup utilisent aussi cette phase pour questionner plus largement leur fin de carrière. Faut-il rester dans le même métier jusqu’au bout, ou envisager un déplacement progressif vers une activité moins exigeante, en cumul emploi-retraite ensuite. Pour certains, la question de la reconversion à 55 ou 58 ans n’est pas qu’une lubie, mais un moyen concret de tenir les dernières années imposées par la réforme.

Un autre effet de la réforme 2024 tient à la révision de certains dispositifs associés, par exemple le minimum contributif. Pour ceux qui ont des carrières incomplètes ou avec de faibles salaires, cette remontée contribue à limiter la casse sur les petites pensions. Cela ne remplace pas des années manquantes, mais peut donner un peu d’air, notamment lorsque la durée de cotisation ne permet pas d’atteindre de hauts niveaux de droits.

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Cette période de transition s’étend bien au-delà des seuls aspects techniques. Elle impacte aussi la façon dont chacun se projette dans la dernière décennie d’activité. Prendre le temps de la comprendre, avec des exemples concrets et une lecture personnalisée de ton relevé, évite de prendre des décisions précipitées et parfois irréversibles en fin de carrière.

Construire une stratégie de fin de carrière quand on est né en 1963

Une fois les règles posées, le sujet se déplace vers quelque chose de plus stratégique : comment organiser ta fin de carrière avec ce nouvel âge de la retraite. Pour une naissance 1963, il reste quelques années à arbitrer, et les décisions prises maintenant peuvent faire la différence entre une sortie subie et un départ maîtrisé.

Un premier réflexe consiste à clarifier ton horizon personnel. Souhaites-tu arrêter le plus tôt possible, quitte à accepter une pension plus faible, ou privilégies-tu un niveau de vie plus confortable au prix de quelques années supplémentaires d’activité. Cette question prend un relief particulier si tu te situes déjà autour des 62 ans, avec la réforme 2024 qui vient juste de déplacer ton repère de neuf mois.

Ensuite, il est utile de confronter cette envie à ta réalité professionnelle. Certains métiers restent très pénibles physiquement ou moralement à plus de 60 ans. D’autres sont plus compatibles avec quelques années de prolongation, parfois à temps partiel. Dans certains cas, une phase de transition via la retraite progressive ou un changement de rythme de travail peut permettre de tenir jusqu’au taux plein sans s’épuiser.

La question financière ne peut pas être éludée. Entre le dernier salaire et la pension, l’écart est rarement négligeable. Comprendre la mécanique du salaire brut, du salaire net et des droits qui en découlent permet d’anticiper ce choc. Des ressources dédiées au passage du brut au net éclairent aussi la façon dont les charges sociales alimentent tes futures prestations, retraite comprise.

Pour illustrer concrètement, imagine un salarié né en 1963, avec une carrière quasi complète mais quelques périodes de chômage dans les années 90. Il se situe à 168 trimestres validés à 62 ans et 9 mois. Trois scénarios se présentent :

Dans le premier, il part dès cette date avec une décote. Sa pension de base est rabotée, sa complémentaire reflète une carrière légèrement incomplète, mais il gagne un peu plus de temps libre. Dans le second, il travaille encore un an, ce qui lui permet d’atteindre 172 trimestres et d’effacer la décote. L’écart de pension mensuelle devient significatif, surtout sur la durée. Dans le troisième, il passe en retraite progressive, réduit son temps de travail, gagne des trimestres supplémentaires tout en commençant à toucher une partie de sa pension.

Aucun de ces trois scénarios ne s’impose universellement. Leur pertinence dépend de ton état de santé, de ton environnement familial, et du niveau de charge financière que tu souhaites continuer à assumer. Le rôle des simulateurs officiels est de donner des chiffres, mais le choix final reste profondément personnel.

Pour ceux qui ont encore quelques années devant eux avant l’âge légal, cette période peut aussi être utilisée pour corriger la trajectoire. Un retour à temps plein, un complément d’activité, ou un changement de poste mieux rémunéré peut ajouter des points complémentaires et consolider le salaire de référence. À l’inverse, si tu te trouves déjà en situation de fatigue avancée, il peut être plus raisonnable d’accepter une pension un peu plus faible mais un départ dès que les conditions de départ sont réunies.

Au fond, la réforme des retraites ne définit qu’un cadre. Pour une personne née en 1963, la vraie question devient : comment utiliser ce cadre pour dessiner une sortie de vie professionnelle qui tienne la route, pour toi et pour les tiens.

Né en 1963, à quel âge exact puis-je déposer ma demande de retraite de base ?

Pour une naissance 1963, l’âge légal de départ fixé par la réforme des retraites est de 62 ans et 9 mois. C’est à partir de cet âge que tu peux déposer ta demande de retraite de base, sauf si tu entres dans un dispositif de départ anticipé (carrière longue, invalidité, incapacité, handicap). La date précise dépend de ton mois de naissance : par exemple, né en février 1963, tu peux en principe partir en novembre 2025, sous réserve des autres conditions (durée de cotisation, absence de décote si tu vises le taux plein).

Combien de trimestres dois-je valider pour partir à taux plein si je suis de 1963 ?

La génération née en 1963 doit en principe justifier de 172 trimestres, soit 43 années, pour bénéficier d’une retraite de base à taux plein après la réforme 2024. Ces trimestres comprennent des périodes cotisées et certaines périodes assimilées (chômage indemnisé, maternité, etc.), avec des règles particulières pour les dispositifs spécifiques comme la carrière longue. Si tu ne réunis pas ces 172 trimestres, tu peux soit accepter une décote en partant avant, soit attendre l’âge du taux plein automatique à 67 ans.

Puis-je encore bénéficier de la carrière longue si j’ai une carrière hachée ?

Le dispositif carrière longue reste accessible aux personnes nées en 1963, mais il impose deux conditions : avoir validé un certain nombre de trimestres avant un âge donné (16, 18, 20 ou 21 ans selon les cas) et atteindre une durée totale de cotisation élevée, avec une part minimale de trimestres réellement cotisés. Une carrière hachée, avec beaucoup de chômage non indemnisé ou de périodes hors système, peut compliquer l’accès à ce dispositif. Il est donc indispensable de vérifier ton relevé de carrière en détail pour savoir si tu entres ou non dans les critères.

Que se passe-t-il si je n’ai pas tous mes trimestres à 62 ans et 9 mois ?

Si tu n’as pas la durée de cotisation requise au moment où tu atteins l’âge légal, tu as deux choix principaux. Soit tu pars quand même, mais avec une décote qui réduit définitivement le montant de ta pension de base (et parfois, indirectement, certains droits complémentaires). Soit tu prolongeas ton activité jusqu’à obtenir les 172 trimestres, ou jusqu’à atteindre 67 ans, âge auquel le taux plein automatique s’applique. Entre les deux, tu peux aussi envisager une retraite progressive pour alléger ton temps de travail tout en continuant à acquérir des droits.

La réforme 2024 peut-elle encore évoluer pour ma génération née en 1963 ?

Les grands paramètres déjà appliqués aux générations 1961 à 1968, dont 1963, sont aujourd’hui stabilisés : âge légal relevé, durée de cotisation portée à 43 ans, maintien du taux plein automatique à 67 ans. De futurs ajustements sont toujours possibles, mais ils concernent en général des aspects plus ciblés, comme la revalorisation des pensions ou des dispositifs d’accompagnement. Pour les grandes bornes d’âge et de durée de cotisation, il serait surprenant que de nouveaux changements majeurs interviennent pour une génération déjà si proche du départ.

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